Des origines variées

Quelques causes des acouphènes sont connues et peuvent expliquer la présence de ce bruit hautement perturbant, mais le démembrement, la classification des différentes causes et surtout leur explication physiopathologique n’est toujours pas complètement élucidé. C'est probablement la raison pour laquelle il n'existe pas encore de traitement médicamenteux capable de supprimer plus souvent les acouphènes.

Fort heureusement partout dans le monde, des équipes de chercheurs et de médecins de spécialités différentes, toutes impliquées dans les mécanismes générateurs d’acouphènes, travaillent de concert pour trouver une solution à ce problème.

Au niveau du système auditif : La présence de cérumen accolé au tympan, la presbyacousie, l'otospongiose, la maladie de Ménière, le neurinome de l’acoustique, l’otite chronique, le cholestéatome, la surdité brusque, la fracture du rocher, etc. ; les traumatismes sonores d'origine professionnelle (carrosseries, chaudronneries, filatures, orchestres, personnels de pistes d’aéroport....) ou durant les loisirs (chasse, tir, concerts et orchestres rock, baladeurs/MP3...).

 

Par exemple l'usage abusif des lecteurs de musique portables/MP3 et le non respect de la législation concernant les niveaux sonores dans les salles de spectacles (cinémas, salles de concerts, discothèques...) sont à l'origine du développement d'un vieillissement précoce de l'audition. C'est ainsi que lors d'une étude récente réalisée sur un échantillon national d'élèves de classes de 5e, on a pu constater, chez 49% des enfants testés, l'existence d'une perte auditive sur les aigus qui, jusque là ne s'observait qu'à la cinquantaine. Cet abaissement de l'âge des manifestations liées au vieillissement des cellules sensorielles de l'audition se traduit actuellement par un rajeunissement de la population des personnes atteintes d'acouphènes.

Au niveau vasculaire : les problèmes vasculaires (hypodébit, crase sanguine modifiée...) sont souvent incriminés dans la mesure où ils peuvent intervenir à tous les niveaux de la voie auditive périphérique ou centrale, sans méconnaître son implication sur le système nerveux en général.

Au niveau métabolique : les problèmes de santé tels que le diabète, l'hypertension, l’augmentation du taux de cholestérol, de l’acide urique... Les désordres hormonaux oestro-progestatifs, thyroïdiens, rénaux...

 

Médicaments ototoxiques

Quelques médicaments sont aussi susceptibles de provoquer chez certaines personnes des acouphènes. Il s'agit des médicaments ototoxiques. Tous ces produits précisent dans leur fiche descriptive comme effet secondaire  le risque de toxicité pour l'oreille. Ils peuvent être regroupés selon leur taux présumé ou démontré de toxicité.

 

D'abord ceux pour lesquels on s'attend à un effet toxique très probable : certains antibiotiques (surtout ceux de la classe des aminosides administrés par voie intra-veineuse au décours d'infections systémiques ou généralisées), les diurétiques, les médicaments anti-paludéen (contre le paludisme ou la malaria), les médicaments anti-cancéreux et certains analgésiques (salicylates comme l'aspirine). Dans le cas particulier des salicylates la toxicité apparaît surtout à fortes doses - à partir de 3g et plus -, et on peut escompter fort heureusement un effet le plus souvent temporaire. 

 

Dans un deuxième groupe de médicaments on peut retrouver ceux dont la manifestation secondaire d'acouphènes est moins probable et qui peuvent apparaître à la suite d’un usage très prolongé ou à fortes doses. Leurs potentialités ototoxiques sont faibles : on inclut ici des anti-inflammatoires et certains antidépresseurs.

 

L'alimentation peut avoir également une incidence sur les acouphènes, on retiendra : la consommation abusive de caféine, d'alcool, de drogues, de produits épicés, etc. Et la liste risque encore de s'allonger car des études sont en cours sur les implications entre nutrition et acouphènes.

 

Facteurs psychologiques

On notera aussi que les facteurs psychologiques (stress, anxiété, évènement affectif perturbant, dépression…) peuvent influencer, accentuer, voire révéler, les acouphènes. Le dérangement causé par l'acouphène n'est pas nécessairement relié à son intensité, qui la plupart du temps est faible voir très faible, mais plus à la perception ressentie par l'individu vis-à-vis de ce bruit indésirable et si tenace parfois.

 

Il ne faut pas négliger non plus les troubles de l’articulation temporo-maxillaire et du rachis cervical. En effet, les troubles somatosensoriels sont à l'expérience de plus en plus incriminés dans la survenue des acouphènes.


Cependant, l'origine la plus fréquente reste la cochlée.

 

L'acouphène peut survenir à n'importe quel âge mais apparaît essentiellement dans la deuxième partie de la vie, après 60 ans. En effet, il accompagne souvent la perte auditive sur les hautes fréquences liée au vieillissement (presbyacousie).

 

L'acouphène n'est pas à proprement parler une hallucination auditive. Il s'en distingue par le contenu rudimentaire des bruits entendus (sons purs ou bruits de bandes de fréquences plus ou moins larges dépourvues de sens) et par le fait que le patient est conscient qu'ils proviennent de son propre organisme. Il résulte de la production d'un signal nerveux anormal à un quelconque niveau des voies auditives lequel, après traitement par ces dernières, est interprété comme un bruit lorsqu'il atteint le cortex auditif.

Illustration de la mâchoire : les troubles de l’articulation temporo-maxillaire et du rachis cervical peuvent provoquer des acouphènes.
Crédit : Fotolia

Acouphènes > les causes

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